[TEST] Days Gone : Red Dead Zombification [FR]

Days Gone, le mastodonte de la conférence Playstation de l’E3 2016 est enfin de sortie. Maintes fois repoussé, le jeu devait paraître à la fin de l’année 2018, avant de finalement débarquer en ce début 2019. Décalé pour cause marketing, Bend Studio, le studio derrière le titre assurait pourtant avec confiance un scénario « épique » et une jouabilité « très différente » des autres jeux de zombis. Alors pourquoi cette réticence ? La promesse était claire : proposer l’unique jeu affichant une vague de plus 300 zombies à l’écran. La sauce avait-elle peur de ne pas prendre pour cause d’essoufflement ?  Plus les jours se sont rapprochés de la date de sortie et plus les critiques de la part de journalistes étaient de plus en plus ordinaires. On pouvait entendre : « Days Gone arrive avec quelques années de retard » ou encore qu’il ne s’agît de « Rien de transcendant ». La mise en lumière du titre perdait peu à peu de son éclat venant presque à le faire disparaitre de la tête des joueurs au profit d’autres titres comme World War Z. Paru deux semaines plus tôt, l’adaptation vidéoludique déferle sa marée de zombie sur nos écrans. Il coupe l’herbe sous le pied de Days Gone et lui subtilise son effet « Waouh ». Avec un timing décalé et une communication en demi-teinte, Days Gone réussit-il aujourd’hui à garder la tête haute en dehors de l’eau ?

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Bend Studio décide après le succès de ces titres précédents : Uncharted Golden Abyss et Sylphon Filter de démarrer une nouvelle licence. Plonger au cœur de leur propre état de l’Oregon, Bend Studio introduit leur nouvel univers avec un biker face à des vagues de zombie. Le retour du Jedi de Star Wars, le pouvoir de la force j’ai nommé Sam Witwer prête ses traits au personnage principal. Familier du public vidéoludique, ce dernier s’est affiché à la tête de plusieurs titres dédié à la culture geek. Le studio a donc trouvé ses ingrédients, il ne reste plus qu’à proposer la bonne recette. Et c’est dans les vieux plats qu’on fait les meilleures soupes. C’est donc avec « originalité » que Days Gone s’installe dans un monde ouvert. Un univers post-apocalyptique qui sait se rendre atypique grâce à sa narration.

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Deux ans après les événements d’une terrible tragédie, la population mondiale est touchée par un virus mortel. Dérivé de la rage, cette nouvelle peste transforme les individus en mutant sauvage. En comparaison avec les autres œuvres du genre, ces freakers ou mutants sont bel et bien vivants. Ils ne sont pas immortels et doivent donc se nourrir, boire et dormir. Ils se déplacent pour la plupart en groupe de masse appelé horde et constitue sous cette forme, la plus grande menace de l’aventure. L’humanité a perdu ces codes de civilisations. Plus aucune monnaie n’est en circulation et aucune loi ne dirige les codes de conduite. Un nouveau far west se profile dans l’Oregon où tous reposent sur la confiance. Il faut apporter la preuve de votre implication envers votre prochain pour être récompensé.

C’est de cette philosophie qu’est née les Drifters. Des mercenaires motards nomades, parcourant les villes en quête de missions. Chasseur de prime, tueurs à gage ou livreur fedex. Les Drifters sont des loups solitaires qui arrivent à survivre grâce à l’aide de camp sédentaire. Deacon St John personnage principale de Days Gone est l’un de ces Drifters. En l’incarnant, vous allez devoir parcourir le monde ouvert de l’Oregon afin de pouvoir survivre et découvrir les secrets de votre propre passé laissé derrière l’épidémie.

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L’aventure principale de Days Gone se découpe en deux parties.

La première partie est extrêmement bien ficelés. Deacon et les protagonistes sont des personnages humains et réalistes. On a aucun mal à éprouver de l’empathie et de la compassion pour ce qu’ils éprouvent dans ce monde devenu brutal. Deacon est loin du héros stéréotypé et montre des signes plus nuancés. Ni noir ni blanc, Deacon fait ce qu’il doit faire. Il est tiraillé entre son esprit de loubard solitaire et ses devoirs morales. Ces pensées se répercutent sur sa personnalité et s’exprime parfois de manière agressif (un peu trop en VF) et dégressif. Bend Studio a construit un personnage principal authentique qui n’a pas à pâlir face à ténor du genre. On arrive à s’attacher à lui malgré ses choix douteux qui tangue tantôt vers la cruauté ou la duveté. Cette proximité est renforcée grâce aux animations faciales et gestuelles poussées. Certaines cinématiques se délectent à l’écran aussi bien qu’une bonne série Netflix. Le joueur spectateur que je suis, n’en perd pas une miette et en redemande.

La narration est brute est se contente de l’essentiel. Violente et crue elle peut faire penser au meilleur film et série du genre comme : Walking Dead. Seul quelque flashback pré-apocalypse peuvent paraitre interminables. On regrette que ce rythme se perd en deuxième partie du jeu puis-ce qu’il s’ampute de l’enjeu principal. L’objectif de Deacon est désamorcé au profit d’un nouveau conflit terre à terre. Clairement au bout de 15 à 20H de jeu, Days Gone bascule dans une narration standard et manichéenne. Peut être pressé par le temps, le studio à comme bâclé son scénario en le bouclant avec la plus classique des manières sans réelles explications. Le mystère d’ennemis principaux se révèlent avec le pire des numéros. Des incohérences et des coïncidences loufoques viennent combler les trous scénaristiques et on ne peut que regretter qu’une histoire aussi bien partie s’effrite.

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Le jeu est principalement un third person shooter accompagner d’un peu d’infiltration. Deux approches d’action sont donc possibles pour le joueur : l’infiltration ou l’assaut.

Comme tous les jeux de ce type, Days Gone n’échappe pas à la règle est intègre un joli système de couverture. Proche de celui du reboot de Tomb Raider, la couverture se fait automatiquement dès lors que le personnage est en position accroupie. Deacon sort son arme à l’extérieure des défenses pour vous permettre de visée en appuie sur la gâchette de visée. Notons toutefois qu’il n’y a pas la possibilité de tirer à l’aveugle. Malgré les pénuries qui touche le pays, celle-ci n’a pas pu ralentir la prolifération des armes. Le monde de Days Gone est un nouveau Far-West, où vous allez pouvoir équiper Deacon de nombreuses armes comme : des Fusils à pompes, des fusils d’assaut, des mitraillettes, des magnums etc… Des projectiles vous permet de mettre un peu de poudre aux yeux dans les combats : Cocktail Molotov, grenade à fragmentation, grenade flash et autres accessoires viendront vous prêtez mains fortes. Le panel complet des armes qui se respectent dans le jeu vidéo répondent présente. Les armes blanches sont aussi de la partie : surin, hache, batte de baseball, machette, hachette...
On remarque que l’engagement d’un combat au corps à corps provoque soudainement l’interruption des tirs. Ce détail perfectible entache la dynamique des hostilités.

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L’infiltration repose sur un système de bruit et de détection. Si vous causez trop de bruit et si vous êtes visibles alors vous serez détectés. Vous pourrez vous défaire de vos ennemis avec un backstab et des pièges. A l’aide de cailloux vous pourrez créer des diversions et faire en sorte que vos ennemis tombent dans vos pièges mortels.  Des silencieux sont aussi à disposition pour permettre une percée en douceur.

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L’action proposée dans Days Gone est plus que complète elle permet aux joueurs d’appréhender à sa façon toute situation. Parfois cette liberté est un peu trop présente et on aura aimé un peu plus d’orientation pour des actions un peu plus scripter. Des actions couloirs n’aurez pas été de refus, car le jeu manque de d’action mémorables. Le système de combat proposé n’est pas exempt de défaut. L’I.A. est beaucoup trop facile à duper durant les phases d’infiltration et dispose d’une portée de détection beaucoup trop faible. Le système reposant sur le bruit s’oublie de partie en partie. Il fait plus office d’indicateur que d’une réelle perspective de jeu. La précision apportée aux armes est trop précise et allège le travail pour tous joueurs confirmés malgré un large crosshair.

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Toute la map peut être parcourue à pied ou à moto. D’ailleurs la moto est le seul moyen de transport en état de marche dans tous Days Gone. Aucune voiture ne fonctionne malgré leur omni présence. La moto est tellement mise en valeur qu’elle dispose de son propre gameplay. Tout l’aspect survival repose sur votre ferraille. Votre moto est votre principale alliée. C’est un personnage à entretenir et à nourrir. Comprenez par-là que vous devrez la ravitailler en essence et en réparation. On remarque assez vite qu’elle est indispensable. Elle est requise pour poursuivre des primes fuyards ou tout simplement pour survivre. L’Oregon grouille de maraudeurs, mutant et d’animaux sauvage. Vous ne tiendrez pas très longtemps avec le peu de munitions que vous avez pour pouvoir tenir.
La conduite est tout simplement exemplaire. Les sensations de bascules aux commandes de votre bécane sont tout simplement jouissifs. Les événements climatiques ajoutent un peu de piment en affectant votre façon de conduire. Des options de personnalisations esthétiques et techniques sont déblocables tous le long de votre progression.

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Les ennemis de Days Gone n’étonne personne. Comme tout œuvre porter sur le genre du zombie vous en avez deux. Vous avez bien évidement les mutants et aussi les survivants. Leur difficulté est assez relevée. Chaque adversaire est un défi et la moindre de vos erreurs peut vous mettre six pieds sous terre. Vous pourrez avoir la conscience tranquille puis ce que les survivants ont tous intégrés des groupes extrémistes. Les maraudeurs, sont des violeurs et des tueurs et les Rippeurs sont une secte de l’apocalypse.

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Rien de bien différents de ce côté-là pour un monde post apocalyptique. Rien ne surprend omni les mutants.
Les mutants sont des Hommes sauvages enragés. Ils sont obligés de se nourrir et de dormir pour survivre. Le soir il se repose tous enfermés dans un coin et le jour ils partent boire et chasser dans des groupes un peu plus dispersés. Reste à vous de choisir quand les attaquer. Les mutants sont travaillés comme de réelle personne. Si on se cache pour en espionner on verra qu’il passe leur temps à chercher de quoi survivre. Ils s’en prendront à tous les animaux et humains sur leur chemin pour pouvoir survivre. Au fur et à mesure de votre progression vous verrez apparaitre différents types d’évolution des mutants. La horde constitue un groupe en masse de mutant qui sévisse le long des routes et des ponts. Extrêmement impressionnante, Days Gone réussit la prouesse d’afficher plus de 300 zombies à l’écran. La horde est l’épreuve la plus dur que vous aurez à rencontrer dans Days Gone.

Des mutants évolués arpentent aussi la région avec des capacités spéciales. La brute est un mutant brutal qui dispose de capacité de défense augmenté. Le sprinteur est un mutant rapide. La beuglarde est un mutant capable d’attirer tous les mutants des environs. Ces mutants spéciaux donnent un peu plus de challenge mais il est vraiment rare dans croiser car il se révèle beaucoup trop tardivement dans l’aventure. Le titre aurait dû multiplier leur présence pour qu’on puisse vraiment dire qu’il s’agisse de menace.

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Le système économique de Days gone est particulier et extrêmement bien pensé pour coller à l’univers. Vos objectifs seront de porter assistance à des camps de survivants. Chaque quand dispose de sa propre monnaie porter sur un niveau de confiance.  A vous de faire des missions pour obtenir leur confiance et avoir accès à leurs différentes ressources : armes, accessoires à moto, essence… 
Les missions et événement aléatoire sont bien écrit et ont parfois même droit à leur propre cinématique. Un procédé qui rappelle ceux de The Witcher 3 ou Red Dead Redemption 2 qui ne délaisse aucun de leurs moments d’action. 

Un arbre de compétence lié à un système d’expérience vous permet d’accroitre les capacités de Deacon. A l’aide d’une interface simpliste vous pourrez de manière Simple et efficace améliorer votre précision, vos dégâts et vos aptitudes aux combats. Cet arbre est disponible à partir d’un menu qui fait appelle au pavé tactile. Une composante oubliée de cette machine.

Graphiquement Days Gone est une réussite.
Je n’ai pas été bluffé à ce point depuis Red Dead Redemption 2. J’ai du mal à croire que ma petite Playstation 4 standard arrive à afficher une quantité aussi impressionnante de détail. Bien qu’il manque un peu de fluidité le résultat est grandiose. Les environnements sont luxuriants et colorés. L’ambiance a choisi de basculer dans une teinte plus froide que ce qui nous était montré à L’E3 2016 retranscrivant un peu mieux la tension ambiante. Le monde ouvert est large et autonome. Nous pouvons observer sa nature à l’œuvre depuis un point d’horizon qui replace le joueur à sa place de tout petit. Des interactions de dialogue s’introduisent directement dès que Deacon rentre en présence de protagonistes.  Des linges sont étendus dans les camps, des tombes et des vestiges de la grande panique sont dissimulées un peu partout pour rendre ce Post-oregon crédible. Appuyé par une météo dynamique qui rejoue à merveille la pluie, la neige et le beau temps l’aventure nous invite à parcourir différentes régions. La montagne, les campagnes, les zones industriels, la ville…

La musique est bonne et accompagne à merveille les cinématiques et l’action. Chaque types d’adversaires dispose de sont propre thème. En fonction du nombre d’ennemies à votre poursuite où du lieux ou vous vous trouvez, la musique s’adapte et change. Pour amplifier l’effet de stresse ou d’oppression. Le sound design est remarquable est retranscrit chaque bruitage de vos déplacements aux tirs au vrombissement de votre bécane.

Les points positifs

  • Un scénario humain et surprenant…
  • Un gameplay maitrisé…
  • Une grande et longue aventure
  • La musique et le sound design
  • Les graphismes bleuffant
  • Le monde ouvert autonome

Les points négatifs

  • qui bascule dans le standard
  • mais perfectible à quelque détail près
  • Manque d’action mémorable

Conclusion

Days Gone est un jeu réussi. L’histoire est longue et la mise en scène est exemplaire. On regrette seulement que le scénario ne se finit pas en apothéose. Le contenu de jeu reste généreux et permet de nous en délecter des heures après l’avoir fini.  Le gameplay classique est toujours efficace et la perspective de liberté permet aux joueurs de jouer selon leurs envies. L’ambiance de stresse et d’oppression est constante bravo Bend Studio. Il peut être fier de leurs années de travail puis ce que le résultat est là.
Joueur néophyte ou vétéran du genre, le challenge arrive tôt ou tard. Enfournez votre bécane et partez pour l’Oregon vous ne regretterez pas votre voyage. 

 

17/20

  • 8.5/10
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