[Test] 007 First Light : L’étincelle d’une nouvelle ère [FR]

James Bond est de retour. Cette fois, pas sur grand écran, mais bien sur nos consoles avec une toute nouvelle adaptation vidéoludique. Développé sous l’égide d’Amazon après le rachat de MGM, ce projet propose une version inédite de l’agent 007, incarnée ici par Patrick Gibson, connu pour la série préquelle de Dexter. Entre femmes fatales, gadgets, Aston Martin et vodka martini, tous les ingrédients emblématiques semblent réunis. Mais ce cocktail typiquement bondien suffit-il à faire de First Light un grand jeu estampillé 007 ?

La question mérite d’être posée, d’autant plus que le projet est confié à IO Interactive, un studio qui maîtrise parfaitement les codes de l’espionnage et de l’infiltration, puisqu’on lui doit la célèbre licence Hitman. Avec ce nouveau titre, IOI tente justement de plonger James Bond dans une expérience mêlant action et infiltration. Le titre combine l’infiltration de Hitman World of Assassination avec des phases d’action plus directes, à la manière d’un jeu à la troisième personne comme Uncharted.

Si les séquences d’action restent parfois optionnelles, l’infiltration s’impose comme l’approche principale. Celle-ci se construit autour d’opportunités, bien connues des joueurs de Hitman. Plusieurs approches d’un même niveau sont ainsi possibles, offrant différentes manières d’atteindre vos objectifs. Un angle de gameplay qui sied parfaitement à l’agent 007, et qu’il s’approprie avec aisance. Ces opportunités sont d’ailleurs ponctuées de dialogues uniques, renforçant le rythme et le charme du personnage.

Cette structure ne se contente pas d’enrichir les missions : elle favorise également la rejouabilité des chapitres. Un mode de simulations tactiques vient prolonger l’expérience à travers une série de défis, mettant à l’épreuve l’infiltration, le combat, mais aussi l’agilité et l’adresse de l’agent 007.

Cependant, si cette approche fonctionne très bien durant les premières heures de jeu, elle montre quelques limites sur la durée. Passé une dizaine d’heures, le rythme devient plus inégal : là où l’on pourrait attendre un enchaînement plus soutenu de séquences d’action, le jeu accorde davantage de place à des phases d’investigation et d’enquête. Une direction intéressante, mais dont l’équilibre aurait sans doute gagné à être mieux ajusté.

Du côté des combats, on reste sur un système efficace mais très balisé. Il est possible de se mettre à couvert pour éliminer ses ennemis, dans une approche très standard du jeu de tir à la troisième personne. Les gadgets, eux, font bien leur retour : utiles pour l’infiltration comme pour l’action, ils peuvent être sélectionnés en début de mission.

Le jeu propose également quelques alternatives intéressantes, comme la possibilité d’isoler un ennemi pour le convaincre sans combattre. L’ensemble propose une expérience fidèle à l’univers de 007, mais qui reste assez convenue dans son exécution.On aurait apprécié davantage de prise de risques, notamment avec des mécaniques de déplacement plus dynamiques, afin de renforcer l’immersion. Un système efficace, mais qui manque encore de sensations.

Au-delà de son gameplay, le jeu se démarque particulièrement par sa narration. On découvre ici un James Bond crédible et plus humain, dans un reboot du programme 00 où il n’est pas encore 007. Le récit mêle thématiques contemporaines et enjeux politiques, apportant de la crédibilité, mais introduisant aussi une approche plus bureaucratique que d’habitude.

Autre changement notable : James Bond est rarement seul en mission. Il est parfois aidé, voire sauvé, ce qui tranche avec l’image du héros invincible. On découvre ainsi un Bond plus vulnérable et en construction, une approche originale qui pourra diviser.

Sur le plan technique, le jeu repose sur le moteur Glacier. S’il a su faire ses preuves, il montre ici ses limites : pas de ray tracing, éclairages parfois plats et textures inégales. En revanche, le travail sur les animations faciales est remarquable, renforçant fortement l’immersion.

Pour ce qui est de la partie sonore, le jeu propose un doublage de qualité mais sans VF. Lana Del Rey signe le thème principal, avec une mélodie réussie, même si l’ensemble s’essouffle. Malgré la présence du thème iconique de 007, la bande-son reste trop discrète et manque d’impact.

Conclusion

Les points positifs

  • Une durée de vie pour l’histoire principale de 15H
  • Respect de l’univers de James Bond
  • Infiltration solide et maîtrisée (héritage de Hitman)
  • Rejouabilité élevée (opportunités + simulations tactiques)
  • Narration cohérente et plus humaine
  • Dialogues et mise en scène réussis Animations faciales de qualité
  • Gadgets bien intégrés au gameplay

Les points négatifs

  • Une narration qui s’étire
  • Gameplay trop classique
  • Rythme inégal sur la durée
  • Combats peu marquants
  • Technique en retrait (pas de ray tracing, visuels inégaux)
  • Bande-son peu marquante malgré un bon thème
  • Approche narrative qui peut diviser
  • Absence de VF

Au final, 007 First Light propose une vision intéressante et cohérente de James Bond, en cherchant à moderniser la formule tout en restant fidèle à ses fondamentaux. Entre infiltration maîtrisée, narration solide et volonté d’humaniser davantage son héros, le titre pose des bases convaincantes pour cette nouvelle incarnation. Il parvient ainsi à trouver un équilibre entre respect de la licence et prise d’initiative, sans jamais trahir l’essence du personnage. Certes, l’ensemble manque encore d’un peu d’audace pour pleinement marquer les esprits, avec un gameplay parfois trop classique, un rythme inégal sur la durée et une technique en léger retrait. Certains choix pourront également diviser, notamment dans la manière d’aborder le mythe de James Bond. Mais ces quelques réserves ne parviennent pas à atténuer l’éclat du titre, qui s’impose comme une expérience marquante de cette année. Une aventure solide, immersive et respectueuse, qui ravira aussi bien les fans de longue date que les nouveaux venus. De bon augure pour l’avenir de cette nouvelle interprétation de l’agent 007, qui pourrait bien gagner en ampleur et en ambition dans ses prochaines itérations.

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